25.11.2008

Alfonso épisode 2

Alfonso épisode 2

 

Quand je me suis réveillé j’avais mal partout, c’était terrible, j’arrivais à peine à fixer le plafond.
Un plafond, tiens oui… mais je suis ou alors ? J’en sais rien, j’ai mal… mal… et me sens lourd, comme je ne l’avais jamais encore jamais été.
Puis j’ai entendu une voix douce, celle d’une dame qui me demandait si j’allais bien.
Quand je lui ai dit : « oui madame », je l’ai vu rougir.
Je sais pas pourquoi, c’est vrai que c’est une dame après tout…

Quand je lui demandai si je pourrai voir bientôt ma maman, c’est d’un air un peu surprise qu’elle m’a regardé puis elle m’a encore souri en rougissant avant de repartir.
Le « maître », comme elle me le disait, avait fait prévenir maman et il allait venir me voir.

Puis un homme est venu et il m’a vouvoyé, pourquoi ? je suis pas noble !?
Il m’a dit s’appeler Don Andres de Aldana et c’est quelqu’un de doux, qui met en confiance. Il m’a dit que j’étais chez lui et que je n’avais rien à craindre, que ma maman allait venir et qu’il fallait que je me repose.

J'ai suivi son conseil. A mon réveil j’ai eu une sensation bizarre en posant les mains sur mon visage, ça me grattait encore… mais quelle sensation bizarre, ça me piquait les doigts cette fois-ci…
Ce cauchemar n’allait il donc jamais cesser ?!!!…
Et mes mains, oh mes mains !

Le choc a failli me terrasser. Mes mains toutes fines, elle avaient grossi, grandi et quelle horreur ! Il y avait des poils dessus !
J’étais grand de partout, mes mains s’en rendaient compte : mes bras mes jambes mon torse, non seulement s’étaient développés mais étaient partiellement remplis des poils qui m’avaient fait horreur.

Un dernier détail me manquait et il me fallait l’affronter seul pour bien vérifier l’état des choses : je soulevais le drap avec appréhension et je lâchai un cri qui dut faire sauter de peur toute la maisonnée de Don Andres…

 

 

Il me fallut le temps nécessaire pour m’en remettre, me cachant sous les couvertures lorsque la ravissante et rougissante domestique de Don Andres vint vérifier que tout allait bien.
Je lui répondis alors en bafouillant tout ce qu’il m’est possible, que –oui- que j’avais du faire un cauchemar…

C’est alors que mes yeux glissèrent machinalement sur le corps de la jeune fille, que je trouvais charmante à tous niveaux, même si j’avais du mal à établir le lien entre mes pensées et les sensations nouvelles qui me titillaient.
Mon corps réagissait sans que je puisse m’en expliquer les raisons, mais ce n’était pas désagréable de la regarder en train de s’activer à faire ci ou ça. Elle avait l’air douce et je me languissais de la sentir passer près de moi, d’autant plus qu’elle souriait autant qu’elle rougissait et que je ne l’en trouvais que plus jolie.

Quand je pus enfin bouger, elle m’aida à me diriger vers le miroir. Je me sentais bizarre, j’avais l’impression de tout voir de haut et d’être lourd… lourd…
Mais ce que je vis dans le miroir me tétanisa littéralement. Hier encore, enfin y’a pas si longtemps j’étais encore un petit garçon de 8 ans et maintenant, c’était un homme que me reflétait le miroir.
Qu’est-ce que j’étais grand ! et costaud avec ça !…

 

J’en revenais pas moi-même et il me fallut me livrer à des exercices un peu bêtas de bouger devant la glace pour voir si la coordination fonctionnait réellement avec l’image que me renvoyait le miroir…
La jeune fille semblait amusée par mes singeries je me pris à penser à raison sûrement que je n’étais pas le seul de nous 2 à me trouver assez beau…

Mais mes réflexions et le jeu qui se nouait entre nos regards furent interrompus par Don Andres qui –heureux de me trouver debout- m’annonçait que ma mère n’allait pas tarder à arriver.

(Bon sang de bois ! Maman !!!…, mais qu’est-ce qu’elle va bien pouvoir dire ?…)

Effectivement, je m’étais métamorphosé en jeune homme et maman, ma chère pauvre mère (vous savez comme on est nous les castillans !) allait avoir le choc de sa vie…
En me voyant, la pauvre faillit faire une syncope passée la très légère phase d’observation digne des paroles de Linda de Suza (qui c’est ce garçon ?)

Malheureusement pour elle, ce fut l’effet « bœuf » attendu.
La pauvre se frappait la poitrine en invoquant Théus et tous ses saints, en se demandant ce qu’elle, une si pieuse paroissienne de San Cristobal et son si gentil garçon avaient bien pu faire au vénéré Théus, adoré avec tant de ferveur dans la péninsule castillane, patrie dévote si il en est…

Mais il lui fallut bien vite se rendre à l’évidence, comme moi qui avait du faire ce travail sur moi-même.
Je n’étais plus un petit garçon, j’étais un homme…
Tout l’univers de ma si jeune et charmante maman s’écroulait : c’était fini les câlins pour m’endormir et les fois ou elle allait me rassurer, un envoyé de Légion lui avait pris son seul enfant et lui avait arraché une partie de son bonheur de jeune maman…

Et rien que d’y penser j’en avais moi aussi les larmes aux yeux… une maman c’est tout pour un petit garçon : elle vous fait des câlins, s’occupe de vous au lever, au coucher, vous rassure quant vous êtes malade, et surtout ça a mille et un truc pour nous éviter les cauchemars…
Franchement sur le coup, moi aussi j’avais les boules.
Mais d’un autre côté, c’était quand même cool d’être grand, j’allais peut être EMBRASSER UNE FILLE !!!

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