29.11.2008

Alfonso épisode 4

Alfonso épisode 4


9 mois ont passé à San Cristobal durant lesquels je me suis considérablement endurci.
J’ai beaucoup travaillé pour rattraper mon retard scolaire et j’y ai mis du cœur à l’ouvrage ne serait-ce que pour faire plaisir à maman mais aussi pour ma propre indépendance.
Je sais que maman ne sera pas contente mais je sais pertinemment que je ne pourrais pas rester bien longtemps à mener cette existence, j’ai trop besoin de partir arpenter les chemins de théah !

La bonne surprise de ces derniers mois vient du fait que Don Andres m’a donné l’adresse d’un de ses amis qui m’a donné pas mal de cours d’escrime.
Bien sûr, entre mes petits boulots et mes cours, il a fallu que je me dégage du temps et que je convainque maman, mais le jeu en vaut la chandelle, c’est vraiment génial, et je me sens si bien une épée à la main !

Il va sans dire que je me suis aussi aguerri sur un autre plan, certaines filles de San Cristobal m’ayant bien fait comprendre que s’ennuyer était le pire des vices, mais j’ai essayé de la cacher le plus possible à maman bien sûr…

C’est à la fin d’une belle journée que j’ai eu la surprise de trouver Dan Andres en rentrant à la maison. Toujours aussi aimable, il m’a fait une sacré proposition !
Il m’a proposé ni plus ni moins de venir habiter dans son domaine. Il trouve que je suis un garçon très intéressant et il croit beaucoup en moi.
En venant habiter chez lui, il me prendra directement sous son aile et veillera lui même à mon éducation et à mes besoins.
Et il ne me cache pas que n’ayant jamais eu de fils, ma présence à ses côtés remplacerait cette absence de toujours, sa fille étant mariée depuis déjà quelques années à notre bon roi Sandoval, et donc loin de lui.

Maman a parfaitement compris qu’il était dans mon intérêt que de venir habiter chez ce grand homme et nous nous sommes arrangés pour que je puisse la voir le plus souvent possible.
Après l’avoir embrassé très fort, j’ai donc suivi Don Andres dans son domaine ou il a pris en charge et mon éducation et mon entraînement.

J’avais désormais un planning très chargé avec beaucoup de cours et aussi beaucoup d’escrime. Les journées étaient longues et fatigantes mais les bénéfices infiniment importants.
Au contact de Don Andres, je devenais un homme du monde et un bretteur aguerri.
Ce professeur exceptionnel, devenu véritable tuteur, me transformais petit à petit, et jamais je n’aurai à le regretter…

Un jour je le surpris franchement préoccupé et je vins m’enquérir de ses inquiétudes. Il me révéla alors que nous étions conviés à un événement qui allait changer non seulement la face de la Castille mais certainement celle de théah dans son ensemble.
Nous partions au plus vite pour l’Avalon…

Rodrigue, roi de Castille, disparu depuis des années, était revenu et épousait Elaine, reine d’Avalon…
Parti avec Don Andres et sa fille Maria Soledad, reine de Castille, nous avions par contre le regret de ne pas emmener avec nous le roi Salvador, qui avait décliné l’invitation de son frère.
Don Andres et sa fille étaient plutôt inquiets du refus du roi qui n’augurait rien de on pour la suite.

Mais comme il me l’avait été expliqué, Salvador avait du mal à admettre le retour de son frère, lui qui n’avait pas eu le choix de lui succéder en 1668, alors qu’il n’était qu’adolescent et bien peu intéressé par l’exercice du pouvoir.
Toutes ces années de frustration étaient revenues à la surface au vu du retour de son frère, qu’il estimait comme une trahison alors que la joie aurait du l’emporter.
Mais difficile de se mettre à la place du jeune souverain, d’autant plus que Verdugo était de plus en plus proche de lui.

Nous passâmes donc quelques jours merveilleux en Avalon ou j’eus l’occasion de rencontrer la plupart des têtes couronnées et hauts dignitaires de Théah.
Puis nous rentrâmes en Castille ou je poursuivis mon entraînement tout en travaillant, avant de retourner à cité Vaticine en compagnie de Don Andres.
Là, je revis rapidement Conception mais j’appris qu’elle allait être envoyée par son père dans un couvent pendant 1 année entière afin d’expier ses mœurs libertines et être digne de toucher l’héritage de son père.
Pour la jeune femme qui avait le diable au corps, cela promettait une année en enfer…

C’est à Cité Vaticine que maman fit la connaissance de Christian, un beau castillo-montaginois, frère de Conception.
Il lui parle mariage, enfants, bref elle est complètement sous le charme…
Le malheur est qu’apparemment il avait les mêmes mœurs dissolues que sa sœur…
… je devais donc mener mon enquête, à mon grand dam pour maman…

Et mon enquête ne me rassura guère. Je suis allé voir Conception pour me renseigner, savoir si son frère était comme elle soumis à une condition pour l’héritage.
C’est tout naturellement et avec un sourire mutin que la belle me répond, sans vouloir causer de tort à son frère, bien entendu, que –oui- son frère est bien entendu soumis à certaines conditions pour hériter…
… notamment épouser une jeune femme si possible de condition modeste et lui faire un enfant avant que l’année soit écoulée…

Ainsi donc le Christian est un fourbe et il se moque bien de faire du mal à ma pauvre maman ! grrr !

Ni une ni deux, je vais de ce pas avoir une conversation avec ce malotru qui se contente de nier et de faire le beau parleur.
Je lui laisse donc un ultimatum : soit il avoue tout à ma mère dans la journée soit c’est moi qui lui en parle.
Il me prend alors parle col en me traitant de sale gamin et en m’affirmant qu’il fera bien ce qu’il veut.
Ce à quoi je lui répond en me dégageant –le regard noir-que je suis tout à fait en âge de coller une bonne tannée à quelqu’un qui joue avec les sentiments de ma mère…
Bizarrement il s’en va sans demander sans reste, se contentant de bougonner…

2ème bizarrerie, le lendemain matin, ma mère arrive en pleurant en me disant que Christian a décidé de rompre avec elle. Elle a décidé de retourner à San Cristobal pour y retrouver une vie plus saine.
Que c’est dur de consoler sa pauvre mère… mais bon il valait mieux que ça se termine comme ça, je sais qu’elle trouvera forcément quelqu’un de mieux que ce faquin de Christian, fut il boulanger, charcutier...
Elle trouvera forcément un homme bien qui sera digne d’elle.

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